En convention Syntec (IDCC 1486), un cadre au forfait 218 jours ne travaille pas toute l'année : la différence entre les jours réellement ouvrés et son plafond donne des jours de repos, souvent appelés JNT (jours non travaillés). Combien un salarié en accumule-t-il, et comment l'employeur les gère-t-il ? Leur nombre n'est pas figé, il se recalcule chaque année selon le calendrier. Voici comment les calculer, les poser dans l'année et, le cas échéant, les racheter.

La question En clair
Comment les appeler ? Jours de repos, ou JNT (jours non travaillés), à ne pas confondre avec les RTT des salariés à 35 heures
Combien par an ? Variable selon le calendrier, en général 8 à 11 jours (9 en 2026)
Comment se calculent-ils ? Jours de l'année − week-ends − 25 congés payés − jours fériés chômés − 218 jours de forfait
Arrivée ou départ en cours d'année ? Forfait et jours de repos proratisés selon le temps de présence
Jours non pris ? Ni report ni paiement automatiques, rachat possible (jusqu'à 230 jours travaillés) ou compte épargne-temps

Qu'est-ce qu'un jour de repos (JNT) au forfait jours ?

Un jour de repos, ou JNT, est une journée non travaillée accordée au salarié en forfait jours pour compenser un plafond annuel inférieur au nombre de jours théoriquement travaillables. Le forfait limite l'activité à 218 jours par an, alors qu'une année compte environ 228 jours ouvrés une fois retirés les week-ends, les congés payés et les jours fériés. L'écart entre les deux, ce sont les jours de repos.

Ils se distinguent des RTT classiques. Les RTT compensent un temps de travail hebdomadaire supérieur à 35 heures ; les jours de repos du forfait jours, eux, découlent d'un décompte en jours et non en heures. Le résultat est proche, mais le mécanisme diffère, et le nombre de jours de repos n'est jamais fixé à l'avance : il dépend du calendrier de l'année.

Comment calculer les jours de repos du forfait jours ?

Le nombre de jours de repos s'obtient en retirant, du total des jours de l'année, les week-ends, les congés payés, les jours fériés chômés et les jours du forfait. La formule est la suivante :

📐 La formule

Jours de repos = jours de l'année − week-ends − 25 congés payés − jours fériés chômés en semaine − 218 jours de forfait.

Comme les jours fériés chômés et les week-ends changent de place chaque année, le nombre de jours de repos varie d'une année sur l'autre :

Année Jours fériés chômés en semaine Jours de repos (forfait 218 j)
2025108
202699
2027711
202898

Ces nombres supposent cinq semaines de congés payés et une journée de solidarité comprise dans le forfait. C'est elle qui porte le plafond à 218 jours plutôt qu'à 217 : un salarié à temps plein travaille donc au maximum 218 jours, quelle que soit la façon dont l'entreprise organise cette journée.

La manière de la placer déplace seulement une unité entre les jours fériés chômés et les jours de repos, sans changer le total. En 2026, une fois retirés les week-ends et les congés payés, il reste 18 jours à répartir entre ces deux colonnes :

  • si l'entreprise fait travailler un jour férié habituellement chômé (le lundi de Pentecôte, par exemple), ce jour n'est plus compté comme férié et le salarié affiche un jour de repos de plus, soit 10 jours de repos ;
  • si elle garde ce férié chômé et rattache la journée de solidarité à un jour de repos, le salarié affiche un jour de repos de moins, soit 9 jours de repos.

Dans les deux cas, le salarié travaille 218 jours et dispose du même nombre de jours non travaillés sur l'année : le jour de repos « en plus » ne fait que compenser le jour férié perdu. Seule l'étiquette change. Le simulateur ci-dessous retient l'hypothèse la plus répandue, où tous les jours fériés légaux restent chômés, et recalcule le résultat pour n'importe quelle année et n'importe quel forfait.

Simulateur

Calculez les jours de repos de l'année

Base de calcul : 5 semaines de congés payés (25 jours ouvrés) et journée de solidarité réputée incluse dans le forfait. Le lundi de Pentecôte est compté comme férié chômé.

Renseignez l'année pour connaître le nombre de jours de repos.

Nombre indicatif, pour un forfait sur l'année civile. Il varie si l'entreprise place la journée de solidarité sur un jour férié (le lundi de Pentecôte, par exemple) ou accorde des congés payés supplémentaires (ancienneté, accord d'entreprise).

Les jours de repos se réduisent-ils en cas d'absence ou d'arrivée en cours d'année ?

Pour une arrivée ou un départ en cours d'année, oui : le forfait et les jours de repos sont proratisés selon le temps de présence. Un salarié présent la moitié de l'année n'est tenu qu'à la moitié des jours du forfait et n'acquiert que la moitié des jours de repos, arrondie selon les modalités de l'accord.

Pour une absence en cours de contrat, tout dépend de sa nature et de l'accord applicable. Deux principes structurent la règle :

  • certaines absences sont assimilées à du temps de travail (congés maternité et paternité, accident du travail ou maladie professionnelle) : elles comptent comme des jours travaillés et n'entament pas les jours de repos ;
  • les autres absences, comme la maladie non professionnelle, ne génèrent pas de jours de repos et peuvent en réduire le nombre, mais uniquement si l'accord prévoit que leur acquisition suit le temps de travail effectif. À défaut d'une telle clause, la maladie ne se déduit pas des jours de repos.

Un point de vigilance : hors de ce cadre, l'employeur ne peut pas retirer des jours de repos pour « récupérer » une absence maladie. La réduction n'est admise que lorsqu'elle découle du mode d'acquisition prévu par l'accord, pas d'une sanction de l'absence.

Comment poser et suivre les jours de repos dans l'année ?

Les jours de repos se prennent au cours de la période de référence du forfait, généralement l'année civile, selon les modalités fixées par l'accord et la convention individuelle. La répartition combine le plus souvent des jours à l'initiative du salarié et des jours positionnés par l'employeur, avec un délai de prévenance.

Leur gestion relève de l'obligation de suivi qui pèse sur l'employeur en forfait jours : il tient le décompte des jours travaillés et des jours de repos, et veille à ce qu'ils soient effectivement pris. Ce suivi fait partie des conditions de validité du forfait jours Syntec : un forfait dont la charge n'est pas suivie peut être privé d'effet.

Enfin, les jours de repos non pris ne se reportent pas automatiquement d'une année sur l'autre, et ne sont pas non plus payés d'office. Sans report prévu par l'accord, sans compte épargne-temps ni rachat, ils peuvent être perdus. L'employeur a donc intérêt à s'assurer que le salarié a bien pu les poser : à défaut de lui en avoir donné les moyens, il s'expose à devoir les indemniser.

Peut-on racheter les jours de repos non pris ?

Oui, un salarié peut renoncer à une partie de ses jours de repos pour travailler au-delà de 218 jours, en accord avec l'employeur et contre une majoration de salaire. Cette renonciation fait l'objet d'un avenant écrit, établi chaque année.

La convention Syntec encadre le rachat et le rémunère plus fortement à mesure qu'on s'éloigne du plafond :

  • les jours rachetés jusqu'à 222 jours sont majorés d'au moins 20 % ;
  • au-delà de 222 jours, la majoration passe à au moins 35 % ;
  • le nombre de jours travaillés ne peut en aucun cas dépasser 230 par an.

Le rachat n'est pas la seule option. Quand l'entreprise dispose d'un compte épargne-temps, le salarié peut y placer ses jours de repos non pris pour les utiliser ou les monétiser plus tard, dans les conditions prévues par l'accord.

Ce qu'il faut retenir

📌 En résumé

Pour gérer sereinement les jours de repos d'un forfait jours Syntec :

  • ils compensent le plafond de 218 jours et leur nombre varie chaque année selon le calendrier (9 en 2026) ;
  • le calcul : jours de l'année − week-ends − 25 congés payés − jours fériés chômés − 218 ;
  • une arrivée ou un départ en cours d'année proratise le forfait et les jours de repos ;
  • l'impact d'une absence dépend de l'accord ; maternité, paternité et accidents du travail n'entament pas les repos ;
  • les jours non pris ne se reportent pas d'office : rachat majoré possible jusqu'à 230 jours, ou placement sur un compte épargne-temps.