En convention Syntec, le congé maternité ouvre droit au maintien intégral du salaire mensuel dès un an d'ancienneté, sous déduction des indemnités journalières. La branche ajoute une réduction d'horaire rémunérée pendant la grossesse, et ces règles ont été réécrites par l'avenant n° 49, applicable depuis le 1er mai 2026.
Une obligation échappe en revanche à la convention et se retrouve la plus oubliée de toutes : au retour du congé, le salaire doit être augmenté des hausses accordées pendant l'absence. Ce rattrapage est automatique, il ne se demande pas, et son oubli se répare devant le conseil de prud'hommes.
Congé maternité Syntec : l'essentiel
| Point | Règle | Origine |
|---|---|---|
| Maintien de salaire | 100 % du salaire mensuel, IJSS déduites | Syntec, article 9.3 |
| Ancienneté requise | 1 an au début du congé | Syntec |
| Pendant la grossesse | 20 minutes par jour dès le 3e mois, rémunérées | Syntec |
| Durée du congé | 16 semaines, plus selon le rang et le nombre d'enfants | Code du travail |
| Rattrapage salarial au retour | Obligatoire et automatique | Code du travail, article L1225-26 |
| Congés payés | Acquis pendant le congé, comme du travail effectif | Syntec, article 5.5 |
Quelle est la durée du congé maternité ?
La convention Syntec ne fixe pas de durée propre : ce sont les durées légales qui s'appliquent, et elles varient selon le nombre d'enfants déjà à charge et le nombre d'enfants attendus.
| Situation | Congé prénatal | Congé postnatal | Total |
|---|---|---|---|
| 1er ou 2e enfant | 6 semaines | 10 semaines | 16 semaines |
| 3e enfant ou plus | 8 semaines | 18 semaines | 26 semaines |
| Jumeaux | 12 semaines | 22 semaines | 34 semaines |
| Triplés ou plus | 24 semaines | 22 semaines | 46 semaines |
La salariée peut reporter une partie du congé prénatal sur la période postnatale, dans certaines limites et sur avis médical. Un congé pathologique peut par ailleurs s'ajouter, deux semaines avant l'accouchement et quatre semaines après : il relève du régime de l' arrêt maladie, pas de celui de la maternité, ce qui change les règles d'indemnisation.
Ce qui s'applique pendant la grossesse
Avant même le départ en congé, la convention prévoit plusieurs droits que le code du travail ne prévoit pas.
Une réduction d'horaire rémunérée de vingt minutes par jour à partir du troisième mois de grossesse. Elle est payée comme du temps de travail, et il s'agit d'un droit conventionnel, non d'une tolérance à négocier.
Les absences pour examens prénataux obligatoires sont payées, à charge pour la salariée de prévenir en temps utile. Le conjoint ou le partenaire lié par un PACS bénéficie de son côté d'une autorisation d'absence rémunérée pour assister à trois de ces examens au maximum.
Les actes médicaux d'une PMA ouvrent les mêmes droits. La salariée engagée dans un parcours de procréation médicalement assistée bénéficie d'autorisations d'absence rémunérées pour les actes nécessaires, et son conjoint, partenaire de PACS ou concubin peut s'absenter pour trois actes ou examens par protocole. C'est un apport de l'avenant n° 49, que le code du travail ne prévoit pas sous cette forme.
L'article 9.3 interdit enfin toute discrimination liée à la grossesse, à une procréation médicalement assistée ou à une adoption. L'employeur ne peut exiger aucune information sur un projet parental, ni lors d'un entretien d'embauche, ni pendant la relation de travail.
Le maintien de salaire pendant le congé
La salariée qui compte plus d'un an d'ancienneté à la date de début de son congé conserve « le maintien intégral de son salaire mensuel pendant la durée du congé légal sous déduction des indemnités versées par la Sécurité sociale » et par le régime de prévoyance.
Trois conséquences pratiques en découlent pour la paie. Le maintien porte sur la durée du congé légal, donc pas sur un congé pathologique, qui suit ses propres règles. Il s'entend déduction faite des IJSS, ce qui suppose de les intégrer correctement, que l'entreprise ait opté pour la subrogation ou non. Et il ne couvre que le salaire mensuel : le sort des éléments variables dépend de leur nature et de ce que prévoit le contrat.
L'avenant n° 49 a apporté une amélioration à connaître. Auparavant, l'ancienneté d'un an devait être acquise au début du congé, faute de quoi le maintien n'était jamais dû. Désormais, si la salariée atteint un an d'ancienneté pendant son congé, le maintien s'applique à compter de cette date, pour la durée restante.
Le rattrapage salarial au retour : l'obligation la plus oubliée
À son retour, la salariée a droit à une augmentation de salaire. Ce n'est pas une faculté laissée à l'appréciation de l'employeur, c'est une obligation posée par l'article L1225-26 du code du travail, et elle ne figure dans aucune disposition de la convention Syntec.
Le mécanisme est le suivant : la rémunération est majorée des augmentations générales intervenues pendant le congé, ainsi que de la moyenne des augmentations individuelles perçues pendant cette période par les salariés de la même catégorie professionnelle. À défaut de catégorie comparable, on retient la moyenne des augmentations individuelles dans l'entreprise.
Quatre points font la différence entre une application correcte et un contentieux.
- Elle est automatique. La salariée n'a rien à demander, c'est à l'employeur d'y procéder de sa propre initiative
- Elle est due dès la reprise, et doit apparaître sur le bulletin du mois de retour
- Elle est durable. Il s'agit d'une revalorisation du salaire de base, pas d'une prime exceptionnelle
- Elle s'applique même si personne n'a été augmenté individuellement, dès lors qu'une augmentation générale est intervenue
Une nuance à connaître : la loi ne s'applique qu'« en l'absence d'accord collectif de branche ou d'entreprise déterminant des garanties d'évolution de la rémunération au moins aussi favorables ». La branche a précisément signé le 22 octobre 2025 un accord de lutte contre les inégalités professionnelles entre les femmes et les hommes, étendu par arrêté du 21 juillet 2026. Il porte notamment sur la réduction des écarts de rémunération et l'accompagnement des retours de congé : vérifiez son texte, ainsi que vos éventuels accords d'entreprise, avant d'appliquer le seul mécanisme légal.
Ce que le congé maternité change en paie
Au-delà du maintien de salaire, plusieurs compteurs continuent de tourner pendant l'absence, et c'est une source d'erreurs fréquente.
| Élément | Pendant le congé maternité |
|---|---|
| Congés payés | Acquis normalement, la période comptant comme du travail effectif |
| Ancienneté | Continue de courir |
| Congés d'ancienneté | Acquis, l'ancienneté n'étant pas suspendue |
| Prime de vacances | La salariée reste dans l'effectif et contribue à la masse des congés payés |
L'article 5.5 de la convention est explicite : les périodes de congé maternité, de paternité, d'accueil de l'enfant et d'adoption sont assimilées à du temps de travail effectif pour le calcul des droits à congés payés. Une salariée absente six mois acquiert donc les mêmes 2,5 jours ouvrables par mois qu'une salariée présente.
Dernier point de vigilance : la salariée est protégée contre le licenciement pendant toute la durée du congé et pendant les dix semaines qui suivent la reprise, sauf faute grave sans lien avec la grossesse ou impossibilité de maintenir le contrat.
Ce qu'il faut retenir
📌 En résumé
Pour gérer un congé maternité en convention Syntec :
- maintien intégral du salaire mensuel dès un an d'ancienneté, IJSS et prestations de prévoyance déduites
- l'ancienneté atteinte pendant le congé ouvre désormais le maintien pour la durée restante, depuis l'avenant n° 49
- 20 minutes par jour de réduction d'horaire rémunérée dès le 3e mois de grossesse
- le rattrapage salarial au retour est automatique et doit figurer sur le bulletin du mois de reprise
- congés payés et ancienneté continuent de courir pendant l'absence
- protection contre le licenciement pendant le congé et les dix semaines suivant la reprise